Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé, le 14 novembre, le mandat de la MINUSCA pour une année supplémentaire, prolongeant sa présence en République centrafricaine jusqu’en novembre 2026. Cette décision intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible, alors que le pays se dirige vers une série d’élections majeures et continue de faire face à des foyers d’instabilité persistants.
Entre 2025 et 2026, la Centrafrique prévoit d’organiser les élections locales, législatives et présidentielles. Dans ce cadre, le rôle de la MINUSCA demeure essentiel. La mission onusienne est chargée d’un appui multiforme allant de la préparation technique des scrutins, de l’enregistrement et la sécurisation des électeurs, de la logistique électorale, la sécurisation des zones sensibles, jusqu’à l’appui à la prévention des violences électorales. Cet accompagnement vise à garantir que le processus électoral se déroule dans un environnement apaisé et dans des conditions permettant une participation citoyenne sûre et équitable.
Sur le plan sécuritaire, plusieurs régions restent marquées par des tensions persistantes. Le nord-est du pays, en particulier, demeure une zone instable en raison du conflit en cours au Soudan. Cette guerre provoque entre autres des mouvements massifs de populations, des trafics transfrontaliers, des infiltrations de groupes armés, une pression accrue sur les forces nationales déjà limitées. Face à ces défis, la MINUSCA conserve un rôle central dans le maintien d’un environnement sécurisé, notamment sur les axes stratégiques et dans les zones les plus vulnérables. Sa présence permet de compléter l’action des Forces armées centrafricaines et des forces de sécurité intérieure.
Le renouvellement du mandat survient dans un contexte de réduction des contributions internationales, obligeant la mission à diminuer son budget d’environ 15 %. Les États-Unis, qui se sont abstenus lors du vote, ont notamment demandé une meilleure rationalisation des ressources au sein des opérations de maintien de la paix.
Malgré ces contraintes, les missions prioritaires restent inchangées, c’est-à-dire protection des civils, appui au processus électoral, extension de l’autorité de l’État, stabilisation des zones à risque, soutien aux initiatives de paix locales. L’ONU souligne que, compte tenu de la fragilité des institutions centrafricaines et de la persistance des groupes armés, la présence de la MINUSCA demeure indispensable.
Les mois à venir seront déterminants. Alors que les préparatifs électoraux s’accélèrent et que les tensions régionales continuent d’affecter le territoire, le renouvellement du mandat vise à accompagner la RCA dans une phase charnière de son histoire récente.
En dépit des défis financiers et des risques sécuritaires, la MINUSCA reste un pilier du soutien international au pays, assurant une présence stabilisatrice indispensable à la poursuite du processus politique et à la protection des populations.
Par la rédaction RAVOCI
