Bangui, la capitale Centrafricaine traverse depuis plusieurs jours une sévère pénurie de carburant, marquée par l’absence quasi totale d’essence dans les stations-services. La situation, source d’inquiétude pour la population, perturbe fortement la mobilité et fragilise l’économie locale.
Aux premières heures du matin, automobilistes et conducteurs de motos-taxis se ruent vers les stations dans l’espoir de se ravitailler. Les files d’attente, formées parfois dès 4 heures, illustrent la détresse de ceux dont les activités dépendent du carburant. Faute de disponibilité à la pompe, beaucoup se tournent vers le marché informel.
Cette rareté a provoqué une flambée des prix : le litre d’essence, vendu auparavant à 1 150 F, atteint désormais 1 500 F chez les revendeurs. Les transporteurs, comme Bilal, conducteur de moto-taxi, n’ont d’autre choix que de répercuter cette hausse sur leurs tarifs : « Depuis 5 heures du matin, j’attends sans aucune information. Finalement, on nous dit que la station servira plus tard. Je suis obligé d’aller chez les revendeurs où le litre coûte 1 500 F. »
Pour les ménages déjà confrontés à la vie chère, cette augmentation pèse lourd sur le budget quotidien. Déplacements réduits, activités limitées, certains renoncent même à sortir faute de moyens.
Cette hausse touche particulièrement les élèves et les travailleurs. Prunelle Pende, élève à la FATEB, témoigne : « J’ai attendu la moto jusqu’à 7 h 50. Quand j’en ai trouvé une, le prix était trop élevé. Après négociation, j’ai payé 400 F. C’est difficile. Nous demandons au gouvernement une solution. »
Pendant que certaines stations restent fermées, d’autres n’ouvrent que quelques heures avant d’annoncer une rupture de stock. Les gérants évoquent un manque de réserves tout en assurant que des citernes seraient en route, laissant les usagers dans l’incertitude.
Au-delà du manque d’approvisionnement, cette crise affecte les petits commerces, le transport de marchandises, les taxis-motos, l’accès aux services et le budget des familles. Elle met à rude épreuve la résilience économique de Bangui.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite pour expliquer l’origine de cette pénurie.
Par la rédaction RAVOCI
