Les vendeurs de manioc râpé humide du port Sao, dans le 7e arrondissement de Bangui, font face à une baisse des ventes en cette période de pluies. L’humidité et la faible fréquentation des clients compliquent la conservation et l’écoulement de leurs produits.
Au port Sao, voyageurs, commerçants et transporteurs se côtoient chaque jour. Parmi les activités qui font vivre plusieurs familles figure la vente de manioc râpé humide. Mais en ce mois d’août, les vendeurs disent avoir du mal à écouler leurs marchandises. L’humidité liée aux pluies affecte la qualité du produit et pousse certains clients à hésiter avant d’acheter : « Au mois d’août, c’est difficile de vendre nos produits. Nous sommes à l’approche de la rentrée, mais les gens ne viennent toujours pas acheter le manioc humide à cause de l’humidité. Quand on l’installe, ça peut faire une semaine », témoigne Mireille Pachemo, vendeuse au port Sao.
Pour limiter les pertes, les commerçants adaptent leurs pratiques. Ils réduisent notamment les quantités exposées et essaient de sécher le manioc lorsque le soleil apparaît : « Pendant la saison pluvieuse, c’est toujours comme ça. Si ça change de couleur, les gens ne viennent pas acheter. Quand on achète normalement 30, nous sommes obligés d’installer seulement 10. Une fois terminé, on installe encore. Dans le cas contraire, on sèche au soleil », explique Phoebe Zemapembe, une vendeuse
La baisse de la fréquentation se fait également sentir chez les transporteurs. Moins de clients signifie moins de marchandises à transporter et, par conséquent, moins de revenus : « Les impacts sont nombreux. Les clients viennent acheter et nous, on fait le transport. Le seul problème, c’est qu’ils ne viennent pas aussi souvent », souligne Hervé Azounga, un transporteur.
Pour ces commerçants, la vente du manioc représente pourtant une importante source de revenus. À l’approche de la rentrée scolaire, chaque vente compte pour ces familles qui dépendent de cette activité pour répondre à leurs besoins quotidiens.
Malgré les difficultés, les vendeurs continuent de s’adapter pour éviter les pertes. Ils exposent de petites quantités, surveillent l’état du produit et profitent des périodes de soleil pour le sécher. Au port Sao, la saison des pluies impose ainsi de nouvelles contraintes à une activité qui permet à de nombreuses familles de gagner leur vie.
