La République centrafricaine, à l’instar des autres pays du monde, a célébré ce 14 novembre la Journée Mondiale du Diabète, un rendez-vous annuel consacré à la sensibilisation, à la prévention et au dépistage de la maladie. Pour cette édition, le thème retenu met l’accent sur « le diabète au travail et l’accès aux soins », une problématique majeure pour de nombreux travailleurs centrafricains confrontés à un système de santé souvent difficile d’accès.
Selon les autorités sanitaires, la RCA fait face à une prévalence élevée du diabète, estimée à 20 %, un chiffre particulièrement préoccupant pour un pays déjà confronté à d’importants défis de santé publique. Cette situation est largement attribuée à une mauvaise alimentation, une consommation excessive de sucre, la sédentarité, et un manque d’information sur les risques et les facteurs aggravants.
De nombreux travailleurs, notamment en zone urbaine, sont exposés à des habitudes alimentaires peu équilibrées : repas rapides, excès de boissons sucrées, manque d’activités physiques, ce qui augmente les risques de développer la maladie.
Dans une interview, le Dr Aminata Sylla, endocrinologue-diabétologue au Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui (CNHUB), a rappelé l’importance d’une prise en charge précoce et d’une prévention adaptée. Elle a prodigué plusieurs conseils essentiels entre autres adopter une alimentation équilibrée, riche en légumes, fruits, fibres et pauvre en sucres rapides ; limiter la consommation d’aliments gras et transformés ; pratiquer une activité physique régulière, se faire dépister régulièrement, et suivre correctement son traitement pour les patients déjà diagnostiqués afin d’éviter les complications graves. Selon le Dr Sylla, une meilleure éducation sanitaire et un accès facilité aux soins peuvent réduire considérablement les conséquences du diabète sur les travailleurs et sur la population en générale.
En Centrafrique, l’amélioration des conditions de dépistage dans les entreprises, l’intégration de repas plus sains et l’encouragement à l’activité physique font partie des pistes envisagées pour réduire l’impact de la maladie.
La célébration de cette journée rappelle l’urgence pour le pays de renforcer sur la prévention, les campagnes d’informations, l’accès aux médicaments, et la formation des personnels de santé.
Par Marius SEMBOLI (RAVOCI)
